Le transformateur triphasé est au cœur des réseaux électriques industriels et tertiaires, mais son fonctionnement et ses différents couplages restent souvent flous. Vous verrez ici, de manière simple et structurée, à quoi il sert, comment il est constitué et comment choisir le bon modèle pour votre installation. Dès les premières sections, vous aurez les repères essentiels pour comprendre les schémas, les puissances et les applications concrètes.
Rôle et fonctionnement du transformateur triphasé dans une installation

Avant de parler de couplage étoile-triangle ou de calculs de puissance, il est essentiel de bien comprendre ce que fait réellement un transformateur triphasé dans un réseau. Cette partie pose les bases : principe magnétique, structure interne, et différences avec un transformateur monophasé. Vous aurez ainsi une vision claire pour interpréter les schémas et les fiches techniques.
Comment fonctionne concrètement un transformateur triphasé dans un réseau électrique
Un transformateur triphasé repose sur l’induction électromagnétique entre un enroulement primaire et un enroulement secondaire autour d’un circuit magnétique commun. Il adapte les niveaux de tension sans modifier la fréquence, en répartissant la puissance sur trois phases décalées de 120°. Cette architecture triphasée améliore le rendement et l’équilibre des charges, ce qui est crucial pour les moteurs et gros équipements.
Concrètement, lorsque le courant alternatif circule dans les enroulements primaires, il génère un champ magnétique variable dans le noyau ferromagnétique. Ce flux magnétique induit alors une tension dans les enroulements secondaires selon le rapport de transformation. Par exemple, un transformateur abaisseur 20 000 V / 400 V permet d’alimenter une installation basse tension à partir du réseau moyenne tension.
Principales différences entre transformateur triphasé et transformateur monophasé
Un transformateur monophasé ne traite qu’une seule phase, ce qui le limite aux petites puissances ou aux usages résidentiels. Le transformateur triphasé, lui, gère simultanément trois phases, avec un noyau et des enroulements adaptés pour transporter des puissances élevées de façon stable. Il permet également l’alimentation directe de moteurs triphasés, avec moins de pertes et de déséquilibres.
| Critère | Transformateur monophasé | Transformateur triphasé |
|---|---|---|
| Puissance transportée | Limitée (jusqu’à quelques dizaines de kVA) | Élevée (de quelques kVA à plusieurs MVA) |
| Nombre de phases | 1 phase | 3 phases simultanées |
| Applications | Résidentiel, éclairage | Industrie, distribution, moteurs |
| Encombrement | Plus compact pour petites puissances | Plus rentable à puissance équivalente |
Pourquoi le courant triphasé est devenu la référence pour la distribution
Le triphasé permet de transporter plus de puissance à section de câble équivalente, ce qui réduit les coûts de cuivre et les pertes Joule. Il offre aussi un couple plus constant pour les moteurs, limitant les vibrations et améliorant la durée de vie des machines. C’est cette combinaison d’efficacité et de robustesse qui en a fait le standard des réseaux de distribution et des installations industrielles.
En pratique, pour une même puissance transmise, un réseau triphasé nécessite environ 25% de cuivre en moins qu’un système monophasé équivalent. Cette économie substantielle explique pourquoi les réseaux de distribution publique HTA et BT fonctionnent tous en triphasé depuis le début du XXe siècle.
Constitution, couplages et schémas d’un transformateur triphasé

Pour utiliser correctement un transformateur triphasé, il ne suffit pas de connaître sa puissance apparente : il faut savoir lire ses schémas de couplage, ses tensions nominales et ses groupements horaires. Cette partie détaille les éléments physiques, les types de couplage étoile et triangle, et leurs impacts concrets sur la tension et le courant. Vous pourrez ainsi relier la théorie des schémas de couplage à des cas pratiques d’installation.
De quoi est composé un transformateur triphasé industriel standard
Un transformateur triphasé est constitué d’un circuit magnétique feuilleté, de trois colonnes principales et d’enroulements primaires et secondaires pour chaque phase. Le tout est généralement enfermé dans une cuve, avec isolant (huile minérale ou résine époxy), dispositifs de refroidissement et bornes de raccordement. Des accessoires comme les prises de réglage de tension, les protections thermiques et les indicateurs de niveau complètent l’ensemble.
Le circuit magnétique est composé de tôles en acier au silicium empilées et isolées entre elles pour limiter les courants de Foucault. Les enroulements sont bobinés en cuivre ou en aluminium, isolés par du papier kraft imprégné ou des matériaux composites selon la classe d’isolement requise. Dans les modèles immergés, l’huile diélectrique assure à la fois l’isolation électrique et le refroidissement par convection naturelle ou forcée.
Comment choisir entre couplage étoile et couplage triangle sur les enroulements
Le couplage étoile permet d’obtenir une tension composée plus élevée à partir d’une tension simple, avec la possibilité de disposer d’un neutre pour les charges déséquilibrées. Le couplage triangle est privilégié pour des courants plus élevés, une meilleure circulation des courants harmoniques et l’alimentation de certains moteurs. Dans la pratique, le choix dépend des tensions réseau disponibles, des besoins en neutre et des caractéristiques des charges.
Par exemple, un transformateur alimenté par un réseau 20 kV pourra avoir son primaire en triangle et son secondaire en étoile 400 V avec neutre sorti. Cette configuration, très répandue en distribution publique, permet de distribuer du 230 V entre phase et neutre pour les usages domestiques, tout en offrant du 400 V triphasé pour les installations industrielles.
Que signifient les notations Dyn11, Yy0 ou Yd5 sur un transformateur triphasé
Ces notations décrivent le type de couplage des enroulements (Y pour étoile, D pour triangle, d ou y minuscule pour le secondaire) et le décalage horaire entre tension primaire et secondaire. Le chiffre final, comme 11 ou 0, exprime ce déphasage sur un cadran horaire de 12 heures, où chaque heure représente 30°. Comprendre ces codes permet de choisir un transformateur compatible avec un réseau existant et d’éviter des problèmes de synchronisation.
| Notation | Couplage primaire | Couplage secondaire | Déphasage | Application typique |
|---|---|---|---|---|
| Dyn11 | Triangle | Étoile avec neutre | -30° (330°) | Distribution publique BT |
| Yy0 | Étoile | Étoile | 0° | Réseaux HTA/HTA |
| Yd5 | Étoile | Triangle | -150° (210°) | Applications industrielles spécifiques |
Le groupe Dyn11 est de loin le plus utilisé en France pour les transformateurs de distribution HTA/BT, car il combine les avantages du neutre disponible et une bonne tenue aux harmoniques de rang 3.
Dimensionnement, puissance et critères de choix d’un transformateur triphasé
Le bon transformateur triphasé est celui qui correspond à votre puissance, vos tensions et vos contraintes d’exploitation, sans surcoût ni risque de surcharge. Ici, vous verrez comment interpréter la puissance en kVA, calculer le courant triphasé et intégrer le facteur de puissance. Vous disposerez de repères concrets pour discuter avec vos fournisseurs ou vérifier une étude de dimensionnement.
Comment calculer puissance et courant sur un réseau triphasé avec transformateur
La puissance apparente d’un transformateur triphasé s’exprime en kVA et se calcule avec la formule S = √3 × U × I, où U est la tension composée en volts et I le courant en ligne en ampères. À partir de cette relation, vous pouvez déterminer le courant par phase en fonction de la tension et de la puissance nécessaire. Il est ensuite important de vérifier que ce courant respecte les capacités du transformateur, des câbles et des protections.
Prenons un exemple concret : pour une installation industrielle de 250 kVA alimentée en 400 V triphasé, le courant nominal sera I = 250 000 / (1,732 × 400) ≈ 361 A. Ce courant servira de référence pour dimensionner les câbles d’alimentation et le calibre du disjoncteur de protection. N’oubliez pas d’intégrer le facteur de puissance : si votre installation présente un cos φ de 0,8, la puissance active ne sera que de 200 kW.
Quels critères regarder pour bien choisir un transformateur triphasé adapté
Au-delà de la puissance apparente, vous devez considérer la tension primaire et secondaire, le type de couplage, la fréquence (50 Hz en Europe) et la classe d’isolement. Les pertes à vide, les pertes en charge, le rendement et le niveau sonore sont également déterminants, surtout en environnement tertiaire ou urbain. N’oubliez pas les contraintes d’installation : encombrement, type de refroidissement et conditions ambiantes influencent aussi le choix.
Pour un local technique situé à proximité de bureaux, privilégiez un transformateur sec encapsulé de classe F ou H, avec un niveau sonore inférieur à 50 dB(A). En revanche, pour une installation industrielle en local dédié, un transformateur immergé offre un meilleur rapport qualité-prix et une durée de vie supérieure, avec un entretien minimal.
Faut-il surdimensionner volontairement un transformateur triphasé pour plus de sécurité
Un léger surdimensionnement peut absorber des pointes de charge, améliorer la durée de vie et limiter l’échauffement. Cependant, un surdimensionnement excessif augmente les pertes à vide, le coût d’achat et l’encombrement sans réel bénéfice. Le bon compromis consiste à intégrer les évolutions prévisibles de votre installation, sans dépasser une marge raisonnable par rapport au besoin réel.
En général, une marge de 20 à 30% au-dessus de la puissance maximale calculée constitue un bon équilibre. Par exemple, si votre bilan de puissance indique 160 kVA, optez pour un transformateur de 200 kVA plutôt que 250 kVA. Vous disposerez ainsi d’une réserve pour des extensions futures sans pénaliser le rendement actuel de l’installation.
Mise en service, sécurité et applications courantes des transformateurs triphasés
Une fois le transformateur triphasé sélectionné, il reste à l’installer, le protéger et le maintenir dans de bonnes conditions. Cette dernière partie fait le lien avec le terrain : raccordements, protections, normes de sécurité et principaux domaines d’application. Vous y trouverez aussi quelques retours d’expérience fréquents à garder en tête avant la mise sous tension.
Quelles précautions prendre avant de mettre sous tension un transformateur triphasé
Avant la mise en service, il faut contrôler le serrage des bornes, la conformité des couplages et l’isolement des enroulements. Un essai de rapport de transformation et une vérification de la continuité de la terre sont fortement recommandés. Sur les modèles immergés, le niveau et l’état de l’huile doivent être vérifiés pour éviter les surchauffes ou les amorçages internes.
La procédure classique comprend également une mesure de résistance d’isolement avec un mégohmmètre sous 1000 V ou 2500 V selon la classe de tension. Les valeurs obtenues doivent être supérieures à 1 MΩ par kV de tension nominale. Un contrôle visuel de l’absence de corps étrangers, de condensation et de la bonne ventilation du local complète les vérifications avant énergisation.
Bonnes pratiques de sécurité et de maintenance pour un transformateur triphasé
La sécurité repose sur une protection adaptée contre les surintensités, les courts-circuits et les surchauffes, via disjoncteurs et relais adéquats. Une maintenance régulière permet de détecter fuites, échauffements anormaux ou bruit inhabituel, souvent signes avant-coureurs de défauts. Noter les mesures dans un historique facilite l’anticipation des interventions lourdes et prolonge la durée de vie de l’équipement.
Pour un transformateur immergé, un contrôle annuel du niveau et de la rigidité diélectrique de l’huile est recommandé. Sur les modèles secs, une inspection visuelle semestrielle pour détecter poussières, insectes ou traces d’humidité suffit généralement. Les relais Buchholz, thermomètres et indicateurs de position de régleur doivent faire l’objet d’un test fonctionnel annuel pour garantir leur efficacité en cas de défaut.
Principales applications industrielles et tertiaires des transformateurs triphasés
Les transformateurs triphasés alimentent les réseaux de distribution moyenne et basse tension, les moteurs, variateurs et lignes de production. On les retrouve aussi dans les data centers, les hôpitaux, les bâtiments de grande taille et les infrastructures de transport. Une anecdote fréquente sur le terrain : de nombreux problèmes de qualité de courant provenaient en réalité d’un mauvais choix de couplage initial.
Dans l’industrie agroalimentaire, par exemple, les transformateurs secs encapsulés sont privilégiés pour éviter tout risque de contamination en cas de fuite. Dans les installations photovoltaïques de forte puissance, des transformateurs élévateurs permettent d’injecter l’énergie produite sur le réseau moyenne tension. Chaque secteur présente ainsi des contraintes spécifiques qui orientent le choix du type de transformateur, de sa technologie et de ses équipements auxiliaires.
Le transformateur triphasé reste un équipement incontournable des installations électriques de moyenne et forte puissance. Maîtriser ses principes de fonctionnement, ses schémas de couplage et ses critères de dimensionnement vous permettra de faire les bons choix techniques et d’optimiser la fiabilité de vos installations. N’hésitez pas à vous faire accompagner par un bureau d’études pour les projets complexes, notamment sur les aspects de coordination des protections et de qualité de l’énergie.
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